littlefunnyworld

samedi, octobre 29, 2005

Nous autres, pithécanthropes du XXIème siècle




Bien le bonsoir amis bloggers! Cette semaine je vais vous présenter le roman de Roy Lewis, Pourquoi j'ai mangé mon père, qui est un fabuleux et drôlissime bouquin... L'histoire se passe il y a quelques millions d'années et narre les aventures d'une famille pierrafeux, version plus trash et plus comique. Parmi les personnages on retrouve l'oncle Vania, vieux chimpanzé réactionnaire, le père, Edouard, à l'affut des dernières découvertes, et les trois fils, grands benêts de la chasse et de l'évolution.
Dans le passage qui suit, les quatre fils sont partis en chasse de nouvelles femelles pour perpétuer l'espèce. Après une vague ébauche stratégique, ils décident d'un commun désarroi de poursuivre les femelles qu'ils convoitent. Ernest se lance donc à la pousuite de Griselda, mais cette dernière ne se laisse pas faire...
*********
"Puis, quand elle fut trop éloignée pour appeller son père à la rescousse, je bondis. Je m'attendais à la faire grimper sur un arbre ou à la rattraper facilement. Mais quand j'atteignis l'endroit où je prévoyais la curée, elle n'y était pas: elle se trouvait au moins cent cinquante pas plus loin, et j'étais un peu essoufflé.
Bon, me dis-je. Elle l'emporte au sprint, je ne suis pas un léopard; mais en course de fond je l'aurai à l'usure.[...]
Elle me fit franchir plusieurs montagnes. Plus d'une fois je me demandai si vraiment elle valait toute cette peine. Si même j'avais besoin d'une compagne de toute manière. Et si, du fait de cette indifférence qu'en somme je découvrais en moi, je n'étais pas plutôt fait pour le célibat. Je ralentissais l'allure. Mais alors la donzelle jaillissait subitement d'un buisson à moins de vingt pas de moi, avec un hurlement de terreur misérable, et l'occasion de lui damer le pion d'un bon coup de gourdin semblait trop bonne pour ne pas reprendre la chasse, mais toujours par quelque ruse habile elle m'échappait de nouveau.
A la longue, je finis par en avoir marre de toute cette affaire. Je n'avais plus le moindre élan même quand la fille s'emmêlait dans des lianes quasiment à portée de ma main. Si Oswald se montrait capable d'attraper une de ces femelles, je lui dirais "champion". Moi je tirerai un trait sur ce damné tintouin de faire la cour et tout ce qui s'ensuit, et je rejoindrai les autres tout seul au rendez-vous.
Je venais de prendre cette sage décision quand je débouchai, transpirant, titubant, dans une clairière; et là, assise sur le tronc d'un chêne renversé, et peignant avec une arête de poisson sa longue tignasse fauve d'un geste désinvolte, Griselda me souriait.
-On dirait, cher, que je vous ai fait suer, s'inquiéta-t-elle d'un ton compatissant.
-Cette fois, vous ne m'échapperez pas, bredouillai-je abruti et je levai mon gourdin.
-Venez vous asseoir à côté de moi, dit-elle en tapotant le chêne à côté d'elle, et parlez moi de vous. Je meurs de tout savoir.
Que faire d'autre? De fatigue, d'ailleurs, les genoux me faisaient mal. Je m'assis et elle posa mon gourdin entre nous, tandis que d'une poignées de mousse je m'essuyais le front.
-Ouf ..., soupirai-je.
-Comment vous appelez-vous? dit-elle d'une voix encourageante
-Ernest.
-Joli nom. Moi c'est Griselda. C'est stupide mais j'ai des parents romanesques. L'êtes-vous aussi?
-Non.
-Que si, ou bien vous n'auriez pas couru si longtemps. J'ai fait tous mes efforts pour échapper, convenez-en, mais je n'ai simplement pas pu. Dix jours entiers que vous me poursuivez.
-Onze, dis-je. Presque douze.
-Vrai? Comme le temps passe vite quand on ne s'ennuie pas. Ca vous a plu aussi?
-Euh... oui, beaucoup, merci, bredouillai-je.
-Je savais bien qu'on s'entendrait, Ernest.
-Oh, vraiment?
Elle enlaça ses deux pieds de ses mains.
-Oui, j'ai tout de suite su que vous étiez... si peu commun, tellement... différent, dit-elle.
-Mais quand ça? demandai-je, intrigué malgré moi.
-Mais quand vous étiez là-haut tous les quatre, sur la falaise, à nous lorgner mes soeurs et moi. C'était très inconvenant, papa était furieux. Pas de manières, ces jeunes d'aujourd'hui, disait-il. Défense de vous parler avant qu'il l'ai fait de lui même.
-Ainsi vous nous aviez reniflés, dis-je lourdement. Et vous saviez pourquoi nous étions venus?
-Oh, ça se devinait, non? Nous étions toutes si excitées!
-Ah, excitées, vraiment? dis-je d'une voix brève.
-Nous recevons si peu, dans ce bled, soupira-t-elle. Père nous tenait à l'oeil et il ne voulait plus que nous sortions avant qu'il ne vous ait chassés et abattus. Heureusement qu'il se remet tout juste d'un gros accident, une collision de plein fouet avec un rhinocéros, ils ne regardaient pas la route. Père en a souffert dans son flair et il est devenu un peu astigmate, en plus.
-Et le rhinocéros?
-On l'a mangé. Nous avons persuadé papa qu'en le voyant vous aviez fui. Il est très fier de son aspect, mais c'est une crème pour qui le connaît bien. Ainsi nous avons pu partir pour la chasse comme d'habitude. Et puis vous m'avez trouvée, poursuivie sans aucune pitié, soupira-t-elle, et me voici dit-elle d'un ton soumis, en baissant les yeux.
-Griselda, dis-je, tirons la chose au clair. Ainsi quand je grondais comme un lion ou un hippopotame , vous saviez que c'était moi?
-Je reconnaîtrais votre voix n'importe où, Ernest.
-Vous n'aviez donc pas la moindre peur, et quand vous m'obligiez à traverser les marais, les fleuves pleins de crocodiles, les forêts et les montagnes comme un hybride d'autruche, de canard et de chèvre...
-Oh chéri quel flatteur vous êtes!
-...Vous n'aviez pas la moindre intention de me semer? dis-je plein de rage.
-Mais cher, protesta-t-elle, et ma pudeur? Et puis, je voulais tellement vous faire plaisir!
-A moi! tempêtai-je. Vous êtes une fille abominable! Vous m'avez honteusement fait cavaler! Je me demande ce que j'ai pu renifler en vous qui m'ait attaché à vos pas. Mais j'en ai fini avec vous, vous m'entendez? Vous me faites horreur!
Les grands yeux sombres de Griselda, pareils à ces étangs où guettent les crocodiles s'emplirent lentement de larmes.
-Je ...voulais... seulement être gentille...
Je me levai.
-Adieu, dis-je. Vous retrouverez votre chemin toute seule. Ne comptez plus sur moi pour vous capturer.
-Mais c'est fait! dit-elle en étendant la main comme une aveugle. Nous sommes un couple à présent.
-Rien de la sorte! protestai-je, interloqué par cette idée. Je ne vous ai pas capturée le moins du monde, vous êtes libre. Adieu, vous dis-je.
-Mais je serai déshonorée!dit-elle en larmes, Vous ne pouvez pas rompre votre promesse après m'avoir poursuivie tout ce temps! Si vous me quittez, j'en mourrai!
-Foutaise! lançai-je, mais j'étais curieusement remué, au-dedans. Adieu, et sans esprit de retour.
J'attendais qu'elle dît quelque chose, admît que je ne l'avais pas capturée et qu'elle allait rentrer chez elle. Mais elle ne faisait que sangloter.
Je m'en fus à grands pas rageurs vers la forêt.
J'oubliais complètement d'emporter mon gourdin.
***********
La suite tout le monde la connaît... Si le premier homme de l'humanité n'avait pas baissé les armes, si Ernest n'avait pas retrouvé Griselda... Pas de Roy Lewis pour raconter leur histoire aujourd'hui!

samedi, octobre 22, 2005

La vraie valeur des choses


Hé hé, voici donc deux nouveaux contes de Jorge Bucay, dont j'avais déjà mis des extraits, avec "l'horloge arrêtée à sept heures", et "les lentilles".

La vraie valeur de la bague

"Je viens vous voir, maître, parceque j'ai l'impression d'avoir si peu d'importance que cela m'ôte toute envie de faire quoi que ce soit. Tout le monde me dit que je suis un bon à rien, que je suis maladroit et stupide. Comment puis-je m'améliorer? Comment m'y prendre pour être mieux considéré?"

Le maître sans le regarder, lui dit:

"Je suis vraiment désolé mon garçon. Je ne peux t'aider, car je dois d'abord résoudre un problème personnel. Peut-être plus tard..."

Et faisant une pause, il ajouta:

"Si tu voulais m'aider, toi, je résoudrais ce problème plus vite et ensuite, peut-être pourrais-je te venir en aide.

-Euh... j'en serais ravi, maître, bredouilla le jeune homme en ayant de nouveau le sentiment qu'on ne lui accordait que peu d'importance et qu'on remettait ses besoins à plus tard.

-Bien", poursuivi le maître.

Il retira une bague qu'il portait au petit doigt de la main gauche et, la donnant au jeune homme, il ajouta:

"Prends le cheval qui est dehors et va jusqu'au marché. Je dois vendre cette bague pour rembourser une dette. Il te faut en obtenir la plus grosse somme possible et de toute façon, pas moins d'une pièce d'or. Va-t'en et reviens avec cette pièce aussi vite que tu le pourras".

Le garçon prit la bague et s'en fut. Aussitôt arrivé sur le marché, il se mit en devoir de la proposer aux marchands; ceux-ci la regardaient avec intérêt, jusqu'à ce qu'il annonce le prix qu'il en demandait.

Dès qu'il mentionnait la pièce d'or, certains ricanaient, d'autres détournaient la tête; seul un vieillard fut assez aimable pour prendre la peine de lui expliquer qu'une pièce d'or était trop précieuse pour l'échanger contre une bague. Désirant lui venir en aide, quelqu'un lui offrit une pièce d'argent et un récipient en cuivre, mais le garçon avait des ordres: ne pouvant accepter moins d'une pièce d'or, il rejeta l'offre.

Après avoir proposé le bijou à toutes les personnes qu'il croisa sur le marché-au moins une centaine-, abattu par son échec, il enfourcha son cheval et rentra.

Comme il aurait aimé avoir une pièce d'or à donner au maître pour le soulager de ses soucis et recevoir son conseil ainsi que son aide! Il revint chez celui-ci.

"Maître, dit-il, je regrette. Il est impossible d'obtenir ce que tu demandes. Peut-être aurais-je pu échanger la bague contre deux ou trois pièces d'argent, mais je ne crois pouvoir tromper personne sur sa valeur véritable.

-Tu viens de dire uns chose très importante, mon jeune ami, répondit le maître en souriant. Il nous faut d'abord connaître la véritable valeur de cette bague. Reprends ton cheval et rends toi chez le bijoutier. Qui mieux que lui peut l'estimer? Dis-lui que tu voudrais la vendre et demande-lui combien il t'en donnerait. Mais, quoi qu'il te propose, ne la lui vends pas. Reviens ici avec ma bague."

Le jeune homme reprit sa chevauchée. Le bijoutier examina la bague à la lumière d'une lampe à huile, il la regarda avec sa loupe, la soupesa et finit par dire:

"Mon garçon, dis au maître que s'il veut vendre sa bague tout de suite, je ne peux lui en donner plus de cinquante-huit pièces d'or.

-Cinquante-huit pièces d'or! s'exclama le jeune homme.

-Oui, répliqua le bijoutier. Je sais qu'avec du temps, on pourrait en obtenir plus de soixante-dix, mais si la vente est pressée..."

Tout ému, le garçon courut chez le maître pour lui raconter l'histoire.

"Assieds-toi, dit celui-ci après l'avoir écouté. Tu es comme cettte bague:un bijou précieux, unique. En tant que tel, seul peut t'estimer un véritable expert. Pourquoi exiger du premier venu qu'il découvre ta vraie valeur?"

Et, disant cela, il remit la bague au petit doigt de sa main gauche.

Voili, voilou, j'aurais bien aimé taper un deuxième conte, mais j'ai des courses à faire en pagaille, et la médiathèque ferme super tôt... Rodez, quoi! :( La semaine prochaine je mettrai un extrait de "Pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis. A suivre...

vendredi, octobre 21, 2005

L'instant "fleur bleue"



Alors voici les paroles d'une chanson très "fleur bleue" , elle est de Barbara et je trouve que les paroles sont magnifiques:
&
Du plus loin que me revienne, l'ombre de mes amours anciennes
Du plus loin du premier rendez-vous...
Du temps des premières peines, lors j'avais quinze ans à peine,
Coeur tout blanc et griffes aux genoux.
Que ce fut -j'étais précoce- de tendres amours de gosses,
Ou les morsures d'un amour fou...
Du plus loins qu'il m'en souvienne, et si depuis j'ai dit je t'aime
Ma plus belle histoire d'amour c'est vous
&
C'est vrai je ne fus pas sage, et j'ai tourné bien des pages,
sans les lire, blanches, et puis rien dessus
C'est vrai je ne fus pas sage, et mes guerriers de passage
à peine avaient déjà disparu
Mais à travers leurs visages, c'était déjà votre image
C'était vous, déjà, et le coeur nu
Je refaisais mes bagages, et poursuivais mon virage,
Ma plus belle histoire d'amour c'est vous
&
Sur la longue route, qui menait vers vous,
Sur la longue route, j'allais le coeur fou,
Le vent de décembre me gelait au cou,
Qu'importait décembre si c'était pour vous?
Elle fut longue la route, mais je l'ai faite la route,
Celle là qui menait jusqu'à vous...
Et je ne suis pas parjure si ce soir je vous jure
Que pour vous je l'eus faite à genoux.
Il en eut fallu bien d'autres, que quelques mauvais apôtres,
que l'hiver, la neige avant coup...
pour que je perde patience, et j'ai calmé vos violences...
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous
&
Mais tant d'hivers et d'automnes, de nuits de jours, et personne!
Vous n'étiez jamais au rendez-vous.
Et de vous perdre en courage, soudain me prenait la rage,
Mon Dieu, que j'avais besoin de vous!
Que le diable vous emporte, d'autres m'ont ouvert la porte
Heureuse je m'en allais loin de vous
Oui, je vous fus infidèle, mais vous revenez quand même:
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous
&
Je pleurais mes larmes, mais qu'il me fut doux,
Ô qu'il me fut doux, ce premier sourire de vous!
Et pour une larme qui venait de vous,
Je pleurais d'amour, vous souvenez-vous?
Ce fut un soir en septembre, vous étiez venu m'attendre,
ici-même, vous en souvenez-vous?
A vous regarder sourire, à vous aimer sans rien dire,
C'est là que j'ai compris tout à coup:
J'avais fini mon voyage, et j'ai posé mes bagages
Vous étiez venu au rendez-vous.
Qu'importe qu'on peut en dire
Je tenais à vous le dire,
Ce soir je vous remercie de vous,
Qu'importe qu'on peut en dire
Je suis venue pour vous dire:
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous.
Barbara
Ma plus belle histoire d'amour

Baudelaire, la nébuleuse poétique


"O vous, soyez témoins que j'ai fait mon devoir
Comme un parfait chimiste et comme une âme sainte.
Car j'ai de chaque chose extrait la quintessence,
Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or."


Cette semaine place à la nébuleuse baudelairienne-et oui on reste encore dans le très connu. Mais c'est parcequ'en travaillant je suis tombée sur cet extrait et je l'ai trouvé immensément beau :-)
Ben sinon allez je résiste pas à mettre mon poème préféré de Mallarmé, c'est Apparition:
**
*
La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs,
Rêvant l'archet au doigt dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles
-C'était le jour béni de ton premier baiser
Ma songerie aimant à me martyriser
s'enivrait savamment du parfum de tristesse
Que sans regret et sans déboire laisse
la cueillaison d'un rêve au coeur qui l'a cueilli.
J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir tu m'es en riant apparue.
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.
**
*
Ah... ce que c'est beau. Ce que je préfère dans la poésie symboliste c'est cette faculté qu'elle a à recréer des paysages imaginaires, à vous replonger dans des mondes inconnus. -Ce qui est propre à la littérature en général d'ailleurs, mais plus spécialement encore au symbolisme. Enfin, tiens fermez les yeux... Vous les voyez les fleurs qui se balancent doucement dans la clarté de la lune? lol Bon en tout cas ça fait du bien de rêver un peu... Et pour l'heure, j'ai composé une petite galerie d'images et de phots sympas ( à propos le dernier Burton est sorti, il a l'air époustouflant comme d'hab... A ne pas rater en salle!) Allez à demain, je vous raconterai des contes pas comme les autres...


mardi, octobre 18, 2005

S'ouvrir à la "sagesse du monde"




Amis du mardi soir bonsoir! En ce moment j'ai pas trop le temps de lire (enfer et damnation), parceque je bosse Mallarmé nuit et jour-d'ailleurs c'est d'un chiant! Tous ces bouquins qui parlent del'exégèse mallarméenne sur 600 pages... scrogneugneu de scrogneugneu ça m'énerve je comprends pas et ça m'énerve. Bon enfin... Sinon j'ai vu martine aujourd'hui et elle m'a parlé d'un bouquin qui a l'air génial: Silène de Jéromine Pasteur. Et pour me donner envie de l'ouvrir elle m'en a donné cet extrait:
***
"Cette terre est un lieu magique et une source constante d'émerveillement. Ainsi, tu demeureras ouverte à toutes les leçons que la création pourra t'apporter; à travers la simplicité de l'existence de tous les êtres vivants qui la peuplent. Un enseignement vient toujours au moment opportun, et peu doit t'importer quel est le maître qui la donne; qu'il soit oiseau, cerf, vague, brise, arbre ou montagne; qu'il soit étoile ou soleil, homme ou bête, écoute-le. Applique-toi à faire taire le tumulte de ton esprit, éteins le babillage perturbant de ton propre dialogue intérieur et offre-toi aux leçons du monde. Donne-toi cette liberté que bien peu d'entre les hommes connaissent encore : vis au-delà des frontières de l'esclavage de tes pensées. Ne tombe pas dans le piège arrogant de l'orgueil, qui dicte, de sa voix mensongère, que l'être humain est la part la plus importante de l'univers. Et, surtout, n'oublie jamais que tous les dieux ne sont qu'un!"

samedi, octobre 15, 2005

C'est bô l'automne (^ - ^)



le blog de miss LN

http://tisfollytobewise.blogspot.com

mathieu's blog

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le blog de Simon

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mardi, octobre 11, 2005

Que le meilleur gagne


Hé hé amis du mardi soir bonsoir! Voici un petit jeu : une sorte de blind test en poésie: il vous faut retrouver l'auteur du poème ci-dessous, son titre: Songe d'une nuit diurne. Allez c'est facile!


Dans ma maison aux volets clos
je t'ai rencontré par hasard
Et sur le fil de nos mensonges
j'ai oublié ta vérité
*
Je te perds déjà dans l'essence inhumaine
des jours bien trop amers où tu ne m'aimes plus
Tes silences si lourds sont toujours si sonores
que mes étoiles hurlent depuis que tu t'es tu.
*
Mais ma montre se fixe aujourd'hui j'ai perdu
Je t'ai perdu ce soir et mon coeur entrouvert
saigne abondamment de nos nuits enchantées
*
Dans les cascades éplorées d'une nouvelle nuit
Sur la mer apeurées des larmes de rasoir
Tu ébranles ma vie
*
Alors dans mes sanglots encrés l'inutile
je viens te murmurer combien je t'aime encore
*
Et puis je t'imagine et la plume à la main
Je crie tous tes regards sur les matins du monde
*
J'écris un autre jour

A nos amis les philosophes

Amis bloggers, bonjour! Bon cette semaine j'ai pas trop eu le temps de me plonger dans les bouquins désolée, désolée... Mais en revanche du côté des philosophes, j'ai fait une petite découverte... Il s'agit du site de Pierre un ami étudiant en maîtrise de philo :)
si vous voulez aller sur son site tapez http://www.approximations.org. Alors, à vos méninges!

http://mistersims.blogspot.com

le blog de mon poulet

http://airgrave.canalblog.com

le blog de mister mathieu

samedi, octobre 08, 2005

L' heure du conte


Cette semaine, j'ai emprunté un livre de contes assez sympa, je vous en fais donc profiter... C'est pas tout à fait dans le ton de Perrault et des frères Grimm... Pour vous en donner un avant goût ben je dirais qu'il n'y a point de fées et de clochettes, pas de vilaines sorcières (à ce propos pourquoi les sorcières sont-elles tjs représentées comme laides et méchantes?), et pas de prince stupide sur son cheval fougueux. Mais, mais, mais... On y trouve des gens un peu comme tout le monde, un peu comme vous et moi. Certes y en a quelques uns qui sont un peu perchés-voire carrément- mais j'adore! Il s'agit de Laisse-moi te raconter... les chemins de la vie de Jorge Bucay.






L'horloge arrêtée à sept heures
*
Sur l'un des murs de ma chambre est accrochée une belle et très vieille horloge qui ne marche pas. Ses aiguilles, arrêtées depuis bien longtemps, marquent imperturbablement la même heure: sept heures précises.
La plupart du temps, l'horloge n'est qu'une inutile décoration sur un mur blanc. Toutefois, il y a deux moments dans la journée, deux instants fugaces, où la vieille horloge, tel un phénix semble renaître de ses cendres.
Lorsque toutes les horloges de la ville, dans leur course folle, marquent sept heures, et que les coucous et les gongs des autres pendules répètent sept fois leur chant, la vieille horloge de ma chambre paraît reprendre vie. Deux fois par jour, matin et soir, l'horloge est en parfaite harmonie avec le reste de l'univers.
Si quelqu'un regardait l'horloge uniquement à ces moments-là, il dirait qu'elle marche parfaitement... Mais tout de suite après, alors que les autres horloges se taisent et que leurs aiguilles poursuivent leur ronde monotone, ma vieille horloge perd la cadence et reste fidèle à cette heure qui un jour a interrompu sa course.
Et moi j'aime cette horloge. Et plus je parle d'elle, plus je l'aime, car il me semble que je lui ressemble chaque jour davantage.
Je suis moi aussi arrêté dans un temps. Je me sens moi aussi cloué et immobile. Je suis moi aussi, en quelque sorte un ornement inutile sur un mur vide. Mais je profite également d'instants fugaces où, mystérieusement, vient mon heure.
Dans ces moments, j'ai l'impression de vivre. Tout est clair et le monde devient merveilleux. Je peux créer, rêver, voler, dire et sentir plus de choses au cours de ces instants que tout le reste du temps. Ces conjonctions harmoniques se produisent et se répètent à maintes reprises, telle une séquence inexorable.
La première fois que je l'ai ressenti, j'ai essayé de m'accrocher à cet instant, croyant que je pourrais le faire durer toujours. Mais il n'en fut rien. Comme à mon amie l'horloge, à moi aussi m'échappe le temps des autres.
...Passé ces moments, les horloges qui habitent les autres hommes continuent leur ronde, et je retourne à la mort statique de mon train-train, à mon travail, à mes conversations de café, à cette ennuyeuse déambulation que j'ai pris l'habitude d'appeler vie.
Mais je sais que la vie est autre chose.
Je sais que la vie, la vraie vie, est la somme de ces instants qui, bien que fugaces, nous permettent de percevoir notre syntonie avec l'univers.
Presque tout le monde-pauvre monde- croit vivre.
Il n'y a que des instants de plénitude; ceux qui ne le savent pas, et s'obstinent à vouloir vivre pour toujours, seront condamnés au monde de la grisaille et à la déambulation répétitive du quotidien.
C'est pourquoi je t'aime vieille horloge. Parceque nous sommes pareils, toi et moi.
*
Les Lentilles
*
Un jour, assis sur le pas de la porte d'une maison quelconque, Diogène était en train de manger un plat de lentilles.
Dans tout Athènes, il n'y avait pas de nourriture moins chère que les lentilles.
Autrement dit, cela revenait à connaître une situation d'extrême précarité.
Un ministre de l'empereur passa par là et lui dit:
"-Pauvre Diogène! Si tu apprenais à être plus soumis et à flatter un peu l'empereur, tu n'avalerais pas autant de lentilles."
Diogène cessa de manger, leva les yeux et, regardant intensément son riche interlocuteur, répondit:
"-Pauvre de toi, mon frère. Si tu apprenais à consommer un peu de lentilles, tu n'aurais pas besoin d'être soumis et de flatter autant l'empereur."

A un poète qui s'ignore

Simon, ton pastiche de Rimbaud me souffle! lol Tu devrais te lancer dans la poésie, une grande carrière t'attend... Trêve de plaisanterie elle est cool ta nouvelle sur Charlène, tu devrais la continuer, quand tu en auras le temps. Amis blooger, si vous voulez la lire tapez mistersims.blogspot.com (je ne sais toujours pas comment mettre mes adresses en liens, honte, honte!) Et pis vous pouvez aussi aller sur le site de mathieu: airgrave.canalblog.com. C'est très sympa et bien rigolo.
(^-^) Gros bisous de Rodez messieurs, amusez-vous bien à Rouen!

mardi, octobre 04, 2005

Et la littérature dans tout ça?




Bon on m'a reproché d'avoir fait un site très littéraire (on = simon et bon CT pas un reproche mais du littéraire au carrément chiant il n'y a qu'un pas). Donc je mets deux ou trois petits trucs personnels: des images qui me plaisent bien. Les nuages c'est parceque si je pouvais j'aurais tout le temps la tête dedans, le chat potté parceque j'adore shrek 2 (nul n'est parfait), et le chevalier ben c'est parceque j'M bien les mondes imaginaires avec des chevaliers stupides et des dames féministes! lol! A propos, mille merci messire mathieu pour ce que tu as mis sur ton site, tu es un grand chevalier, le plus preux de Rouen!

Quand Rimbaud fait des conneries

Oui, oui, Rimbaud, c'est connu, reconnu, archi-connu... Mais ce qu'on a moins lu de lui ce sont les poèmes qu'il a écrit pour rire, parodies des poèmes de son ami Verlaine dont on retrouve le prénom dans le second poème-by the way. Alors amateurs de Rimbaud, place voici les "conneries" de Rimbaud en attendant la suite des aventures du chevalier Bataille.
***
*
Fête Galante
*
Rêveur, Scapin
Gratte un lapin
Sous sa capote.
*
Colombina
-que l'on pina!-
-Do,mi,-tapote
*
L'oeil du lapin
Qui tôt, tapin,
Est en ribote...
***
*
Conneries
*
I
Jeune Goinfre
*
Casquette
De moire,
Quéquette
D'ivoire,
*
Toilette
Très noire
Paul guette
L'armoire,
*
Projette
Languette
Sur poire,
*
S'apprête
Baguette,
Et foire.
Arthur Rimbaud
(in l'Album Zutique)
Pourquoi n'étudie-t-on pas ça à la fac? Mmm? No comment...

lundi, octobre 03, 2005

De la couleur avant toute chose



Mmm... Le XXIème siècle sera coloré ou ne sera pas, c'est dit. Non en fait aujourd'hui j'ai trouvé un poème de Lorca qui se décline sur le ton de la couleur et du vert plus précisémént... Et j'en ai profité pour mettre un tableau de mon peintre préféré: Rothko. Et oui je sais la toile n'est pas verte -difficile d'en trouver une verte dans son oeuvre-, mais toute sa vie cette adepte des monochromes est resté fasciné par la couleur. (il y a bien un rapport avec le poème, si, si.) Tant et si bien que son oeuvre n'est quasiment qu'une longue succession de toiles abstraites et colorées, à vous emprisonner l'oeil par la violence des dégradés. Quant au poème de Lorca, il est tiré du Romancero gitan et il évoqe l'éternel duente, figure emblématique de la douleur chez les gitans. Le sujet du poème? La mort éclairée par la lune, et pis l'amour aussi, l'amour qui soupire accoudé à la balustrade, dans une ambiance toute de vert métal... J'espère que vous aimerez!

***
Vert c'est toi que j'aime vert,
vert du vent et ert des branches,
le cheval dans la montagne
et la barque sur la mer.
L'ombre à la taille, elle rêve,
penchée à sa balustrade,
vert visage, cheveux verts,
prunelles de froid métal,
vert c'est toi que j'aime vert,
et sous la lune gitane
tous les objets la regardent,
elle qui ne peut les voir.
*******
Vert c'est toi que j'aime vert.
Un essaim d'astre de givre
escorte le poisson d'ombre
qui ouvre la voie de l'aube.
Le figuier griffe le vent
avec sa râpe de branches.
Le mont, comme un chant sauvage,
hérisse tous ses agaves.
Mais qui viendra? Et par où?
Penchée à sa balustrade,
vert visage, cheveux verts,
la mer est son rêve amer.
********
Ami, veux-tu me donner
ta maison pour mon cheval,
ton miroir pour mon harnais,
ton manteau pour mon poignard?
Je reviens ensanglanté
depuis les cols de Cabra.
Mon garçon, si je pouvais,
j'accepterais ton marché.
Mais je ne suis plus moi-même,
ma maison n'est plus la mienne.
Ami je voudrais mourir
dans un lit, tranquillement,
sur un bon sommier d'acier,
entre des draps de Hollande.
Vois-tu cette plaie qui s'ouvre
de ma poitrine à ma gorge?
Je vois trois cent roses brunes
fleurir ta chemise blanche.
La laine de ta ceinture
a pris l'odeur de ton sang.
Mais je ne suis plus moi-même,
ma maison n'est plus la mienne.
Laissez moi monter au moins
vers ces hautes balustrades,
aux balustres de la lune
d'où l'eau retombe en cascade.
*
Les deux compagnons s'élèvent
vers les hautes balustrades.
Laissant des traces de sang.
laissant des traces de larmes.
Quelques lanternes d'étain
tremblotaient sur les terrasses.
Mille tambourins de verre
blessaient le petit matin.
*
Vert c'est toi que j'aime vert,
vert du vent et vert des branches.
Les deux compagnons montaient.
Dans leur bouche le grand vent
laissait comme un goût de fiel,
de basilic et de menthe.
Ami, dis-moi, où est-elle,
ta fille, ta fille amère?
Que de fois elle attendit!
Que de fois elle espéra,
frais visage, cheveux noirs,
à la verte balustrade!
*
Au miroir de la citerne
se balançait la gitane,
vert visage, cheveux verts,
prunelles de froid métal.
Un mince glaçon de lune
la soutient à la surface.
la nuit se fit plus intime
comme une petite place.
Ivres des gardes civils
cognaient aux portes, là-bas...
Vert c'est toi que j'aime vert,
vert du vent et vert des branches,
le cheval dans la montagne
et la barque sur la mer.
Romance somnambule
Federico Garcia Lorca