littlefunnyworld

samedi, octobre 22, 2005

La vraie valeur des choses


Hé hé, voici donc deux nouveaux contes de Jorge Bucay, dont j'avais déjà mis des extraits, avec "l'horloge arrêtée à sept heures", et "les lentilles".

La vraie valeur de la bague

"Je viens vous voir, maître, parceque j'ai l'impression d'avoir si peu d'importance que cela m'ôte toute envie de faire quoi que ce soit. Tout le monde me dit que je suis un bon à rien, que je suis maladroit et stupide. Comment puis-je m'améliorer? Comment m'y prendre pour être mieux considéré?"

Le maître sans le regarder, lui dit:

"Je suis vraiment désolé mon garçon. Je ne peux t'aider, car je dois d'abord résoudre un problème personnel. Peut-être plus tard..."

Et faisant une pause, il ajouta:

"Si tu voulais m'aider, toi, je résoudrais ce problème plus vite et ensuite, peut-être pourrais-je te venir en aide.

-Euh... j'en serais ravi, maître, bredouilla le jeune homme en ayant de nouveau le sentiment qu'on ne lui accordait que peu d'importance et qu'on remettait ses besoins à plus tard.

-Bien", poursuivi le maître.

Il retira une bague qu'il portait au petit doigt de la main gauche et, la donnant au jeune homme, il ajouta:

"Prends le cheval qui est dehors et va jusqu'au marché. Je dois vendre cette bague pour rembourser une dette. Il te faut en obtenir la plus grosse somme possible et de toute façon, pas moins d'une pièce d'or. Va-t'en et reviens avec cette pièce aussi vite que tu le pourras".

Le garçon prit la bague et s'en fut. Aussitôt arrivé sur le marché, il se mit en devoir de la proposer aux marchands; ceux-ci la regardaient avec intérêt, jusqu'à ce qu'il annonce le prix qu'il en demandait.

Dès qu'il mentionnait la pièce d'or, certains ricanaient, d'autres détournaient la tête; seul un vieillard fut assez aimable pour prendre la peine de lui expliquer qu'une pièce d'or était trop précieuse pour l'échanger contre une bague. Désirant lui venir en aide, quelqu'un lui offrit une pièce d'argent et un récipient en cuivre, mais le garçon avait des ordres: ne pouvant accepter moins d'une pièce d'or, il rejeta l'offre.

Après avoir proposé le bijou à toutes les personnes qu'il croisa sur le marché-au moins une centaine-, abattu par son échec, il enfourcha son cheval et rentra.

Comme il aurait aimé avoir une pièce d'or à donner au maître pour le soulager de ses soucis et recevoir son conseil ainsi que son aide! Il revint chez celui-ci.

"Maître, dit-il, je regrette. Il est impossible d'obtenir ce que tu demandes. Peut-être aurais-je pu échanger la bague contre deux ou trois pièces d'argent, mais je ne crois pouvoir tromper personne sur sa valeur véritable.

-Tu viens de dire uns chose très importante, mon jeune ami, répondit le maître en souriant. Il nous faut d'abord connaître la véritable valeur de cette bague. Reprends ton cheval et rends toi chez le bijoutier. Qui mieux que lui peut l'estimer? Dis-lui que tu voudrais la vendre et demande-lui combien il t'en donnerait. Mais, quoi qu'il te propose, ne la lui vends pas. Reviens ici avec ma bague."

Le jeune homme reprit sa chevauchée. Le bijoutier examina la bague à la lumière d'une lampe à huile, il la regarda avec sa loupe, la soupesa et finit par dire:

"Mon garçon, dis au maître que s'il veut vendre sa bague tout de suite, je ne peux lui en donner plus de cinquante-huit pièces d'or.

-Cinquante-huit pièces d'or! s'exclama le jeune homme.

-Oui, répliqua le bijoutier. Je sais qu'avec du temps, on pourrait en obtenir plus de soixante-dix, mais si la vente est pressée..."

Tout ému, le garçon courut chez le maître pour lui raconter l'histoire.

"Assieds-toi, dit celui-ci après l'avoir écouté. Tu es comme cettte bague:un bijou précieux, unique. En tant que tel, seul peut t'estimer un véritable expert. Pourquoi exiger du premier venu qu'il découvre ta vraie valeur?"

Et, disant cela, il remit la bague au petit doigt de sa main gauche.

Voili, voilou, j'aurais bien aimé taper un deuxième conte, mais j'ai des courses à faire en pagaille, et la médiathèque ferme super tôt... Rodez, quoi! :( La semaine prochaine je mettrai un extrait de "Pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis. A suivre...

2 Comments:

At 4:42 PM, Anonymous Anonyme said...

Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

 
At 4:42 PM, Anonymous Anonyme said...

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