littlefunnyworld

mardi, novembre 29, 2005

Combattre l'incertitude


Comment savoir si l'on fait les bons choix? Sucré ou salé? Fromage ou dessert? slip ou caleçon? Et si l'on se trompe, est-il possible de réparer ses erreurs? Si l'on fait de la peine à qui l'on ne devait pas en faire, comment se rattraper?
Pas évident d'avancer droit quand on on ne sait pas trop où aller... Et si je me trompe aujourd'hui, quelle importance pour demain?
Si l'on regarde autour de soi, alors on est certain de voir des doutes, des peurs sur les bonnes directions à prendre. Peut être que quand le courant nous emporte, pour éviter toute noyade, mieux vaut se laisser aller jusqu'à ce qu'il faiblisse puis disparaisse tout à fait...

samedi, novembre 19, 2005

Si Bonnefoy m'était conté


Voici cette semaine un Mallarmé des temps modernes: Yves Bonnefoy, poète créateur et créature d'une poésie toute à la fois riche et aride, hermétique et signifiante. Et si ses vers sont indéfinissables, c'est peut être parcequ'ils sont ineffablement beaux.
*
Voici presque l'instant
Où il n'est plus de jour, plus de nuit, tant l'étoile
A grandi pour bénir ce corps brun, souriant,
Illimité, une eau qui sans chimère bouge.
*
Ces frêles mains terrestres dénoueront
Le noeud triste des rêves.
La clarté protégée reposera
Sur la table des eaux.
*
L'étoile aime l'écume, et brûlera
Dans cette robe grise.
Yves Bonnefoy
"L'été de nuit", in Pierres écrites

La citation de la semaine...


Nouvelle idée, nouveau départ: j'ai décidé de mettre quelques citations de temps en temps sur mon blog, et pourquoi pas en proposer une chaque semaine... on verra. Pour l'instant j'en ai recueilli quelques unes qui sont assez drôles. (chiennes de garde s'abstenir, merci) Voici:


"Dieu a dit:"tu aimeras ton prochain comme toi-même." D'abord Dieu ou pas, j'ai horreur qu'on me tutoie..." (Desproges)
"Dieu a laissé discuter un ange. Il a eu Satan. L'homme a laisser discuter sa femme: il a eu la femme." (Jean Giraudoux)
"Si seulement Dieu voulait m'adresser un signe de son existence... S'il me déposait un bon paquet de fric dans une banque suisse par exemple!" (Woody Allen)

jeudi, novembre 17, 2005

Le beaujolais nouveau est arrivé




Pas très littéraire mais plutôt d'actualité, ce soir c'est consécration du bon vieux rouge qui saoule et qui tâche... Peut-être le seul soir de l'année où l'état autorise une beuverie générale. "Fête du vin du terroir"ou "plan piquette pour les bofs", y en a pour tous les goûts... Enfin, les amateurs de bon vin ne s'y tromperont pas et puis, c'est l'occasion de faire la fête! Et peut-être de voir Clélia pompette... A suivre!

jeudi, novembre 10, 2005

Ptit clin d'oeil


Félicitations mon poulet pour ton nouveau travail! Je t'avais bien dit que tu finirais par trouver, alors, juste pour rire, les lauriers de la victoire (bien mérités je pense).

Houellebecq, ou l'impossibilité du Goncourt


Ô rage, ô désespoir, Houellebecq était en lice pour le Goncourt. Un bref rappel: son livre, ramassis de lieux communs en tous genres, était une sorte de pièce montée de provocation, rassemblant à lui seul voyeurisme, sexe et débauche, sur fond monochromé (entièrement noir évidemment). Le livre -retraçant l'évolution d'un clone- n'est pas sans évoquer l' apologie implicite de la secte raëlienne, le ptit gars fils de Jésus et des extra-terrestres. On pourrait presque en rire... Si les médias et les éditeurs n'étaient pas partis en lutte vers le Goncourt, cet Eldorado littéraire des temps modernes, pour placer leur poulain en tête de liste. Peut-être y-a-t-il une justice, peut-être les prix littéraires ne signifient plus rien. Qu'importe. Le livre s'est vendu à des milliers d'exemplaires? Qu'importe. La vraie littérature, qu'elle soit confidentielle ou pas se moque des effets de masse et de publicité. De nos jours qui se souvient d'un Casimir de La Vigne, pourtant célèbrissime à son époque? Le temps, immanquablement, rend hommage à ceux qu'il a parfois méconnu, et avec sa patine efficace, ne manque pas de mettre en relief les vrais talents. Alors pas de regrets monsieur Houellebecq: en littérature, la réussite n'est pas toujours preuve de génie.

mercredi, novembre 09, 2005

Juste une chanson un peu de circonstance...;) Ecrite par Jeanne Cherhal et qui résume assez bien l'adage que si rien n'est jamais gagné dans la vie, rien n'est fondamentalement perdu d'avance non plus...
A ma famille.
"Une fois comme ça, tu serais venu vers moi,
t'aurais parlé, très peu mais juste assez
Un mot idiot, ça peut quand même tenir chaud,
C'est là tout bas, et c'est dit rien que pour toi.
***
Silence. On pense. On est des chiens de faïence.
Les yeux peureux, on a les même mots vieux.
Tu vas pas bien, et moi je trace mon chemin.
T'es là, tu doutes, tu reconnais plus la route.
Moi qui n'est jamais rien su faire
je veux te sortir de l'hiver.
***
Un mur, c'est dur, à démollir, ça c'est sûr,
et là, tu vois, y a un mur autour de toi.
Il est discret, mais plus solide que jamais
C'est con le béton, quand ça prend c'est pour de bon.
Tu pleures du coeur, t'es enfermé dans ta peur.
Tu perd tes repères, mais t'es toujours mon père
Moi qui n'ai jamais rien su faire,
je veux te sortir de l'hiver.
***
Mais un matin, tu diras "je reviens de loin".
T'auras retrouvé le goût de respirer.
Ton mal enfin, ira crever dans un coin,
et en riant tu marcheras droit devant.
Ce matin là, tu t'approcheras de moi.
Pour me parler, très peu mais juste assez.
Des mots très beaux qui sauront me tenir chaud,
dans la lumière, tu seras sorti de l'hiver.
*
Dans la lumière, tu seras sorti de l'hiver.
***
Jeanne Cherhal, Douze fois par an

LN's blog

http://www.tisfollytobewise.blogspot.com

le blog de messire Mathieu

http://www.airgrave.canalblog.com

le blog de mon poulet

http://mistersims.blogspot.com

vendredi, novembre 04, 2005

Voyage d'un paresseux


Oui, oui, oui, cette semaine je me laisse aller à la facilité, et même... à la paresse. Le livre que je vais vous présenter est au programme d'un de mes séminaires (j'ai pas eu à chercher bien loin), et fait l'apologie de l'art de ne rien faire autrement dit, l'art de se laisser vivre.
Le Voyage autour de ma chambre de Xavier de Maistre, raconte l'épopée d'un ptit gars qui calé dans son fauteuil, laisse aller sa pensée et par la même occasion, s'évade. Tout en suivant les méandres de sa pensée, l'auteur navigue à travers bon nombre d'anecdotes et souvenirs, et se laisse porter, au gré de son envie. Le passage ci-dessous n'est pas forcément un des plus drôles (il y a des passages ironiques et mordants tout au long du bouquin), mais c'est un de ceux qui m'ont le plus touchée. Le narrateur y raconte ses angoisses et sa tristesse face à le perte d'un de ses amis.
******
***
*
"Heureux celui qui possède un ami!
J'en avais un : la mort me l'a ôté; elle l'a saisi au commencement de sa carrière, au moment où son amitié était devenue un besoin pressant pour mon coeur. -Nous nous soutenions mutuellement dans les moments pénibles de la guerre; nous n'avions qu'une pipe à nous deux; nous buvions dans la même coupe; nous couchions sous la même toile; et dans les circonstances malheureuses où nous sommes [les deux amis sont soldats au front], l'endroit où nous vivions ensemble était pour nous une nouvelle patrie : je l'ai vu en butte à tous les périls de la guerre, et d'une guerre désastreuse.
[...]
Ah! je ne m'en consolerai jamais! Cependant sa mémoire ne vit plus que dans mon coeur; elle n'existe plus parmi ceux qui l'environnaient et qui l'ont remplacé: cette idée me rend plus pénible le sentiment de sa perte. La nature, indifférente de même au sort des individus, remet sa robe brillante du printemps, et se pare de toute sa beauté autour du cimetière où il repose.
Les arbres se couvrent de feuilles et entrelacent leurs branches; les oiseaux chantent sous le feuillage; les mouches bourdonnent parmi les fleurs; tout respire la vie et la joie dans le séjour de la mort : - Et le soir, tandis que la lune brille dans le ciel, et que je médite près de ce triste lieu, j'entends le grillon poursuivre gaîment son chant infatiguable, caché sous l'herbe qui couvre la tombe silencieuse de mon ami. La destruction insensible des êtres, et tous les malheurs de l'Humanité sont comptés pour rien dans le grand tout. -La mort d'un homme sensible qui expire au milieu de ses amis désolés, et celle d'un papillon que l'air froid du matin fait périr dans le calice d'une fleur, sont deux époques semblables dans le cours de la nature. L'homme n'est rien qu'un fantôme, une ombre, une vapeur qui se dissipe dans les airs...
Mais l'aube matinale commence à blanchir le ciel; les noires idées qui m'agitaient s'évanouissent avec la nuit, et l'espérance renaît dans mon coeur. -Non celui qui inonde ainsi l'Orient de lumière ne l'a point fait briller à mes regards pour me plonger bientôt dans la nuit du néant. Celui qui étendit cet horizon incommensurable, celui qui éleva ces masses énormes, dont le soleil dore les sommets glacés, est aussi celui qui a ordonné à mon coeur de battre et à mon esprit de penser.
Non, mon ami n'est point entré dans le néant; quelle que soit la barrière qui nous sépare, je le reverrai. Ce n'est point sur un syllogisme que je fonde mon espérance. -Le vol d'un insecte qui traverse les airs suffit pour me persuader; et souvent l'aspect de la campagne, le parfum des airs, et je ne sais quel charme répandu autour de moi, élèvent tellement mes pensées, qu'une preuve invincible de l'immortalité entre avec violence dans mon âme et l'occupe toute entière."

L'amour de la nature




Ah la campagne, la nature, la rando... Tiens ça manque un peu d'ailleurs. Voici une petite galerie de photos sympas enfin, si j'arrive à lui donner forme!