Ce soir c'est soirée crêpes...
Pour fêter la Chandeleure et sa guirlande de crêpes Simon et moi avons retourné nos manches et vidé 200 g de farine dans une jatte de lait. Et hop les crêpes! dirait Andrex.Quand j'étais petite, les crêpes de la Chandeleure était une institution familiale. Mon père en cuisto improvisé retroussait ses manches et chassait ma mère de la cuisine d'un ton qui n'attendait aucune réplique.
Seule à ses côtés j'admirais les gestes lents et patients qu'il appliquait à la pâte, cette maîtresse capricieuse qui semblait ne jamais devoir être finie. En mitron attentif et malhabile je suivais le défilé des ingrédients choisis par la main paternelle... "pas trop de rhum sinon tu vas nous chanter la Marseillaise!" disait-il en rigolant.
Et puis c'était la cérémonie... les quatres femmes du foyer devant le héros familial, ce pater familias qui faisait voler et virevolter la pâte blonde au dessus de la poêle. Et c'était des "oh" et des "ah" admiratifs, un sourire dans le regard de mon père...
Et je ferme les yeux.
Aujourd'hui mes crêpes n'ont pas de goût. Elles ne ressemblent en rien à ces crêpes d'antan, sucrées, auréolées de rhum et de fleur d'oranger... Elles ont perdu le goût du sourire de mon père.
Car mon père est devenu cet éternel absent que je ne visite que deux fois par an. Un peu comme ces étrangers que l'on fréquente par politesse ou bien par peur que ce soit eux qui nous oublient.
Et je ferme les yeux.
Quelle sera donc la saveur des crêpes de demain?

2 Comments:
Voici une bien bonne Pathos à crêpe
mais c'est pas triste c'est juste la roue qui tourne c'est tout...
:)
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